Au fils du temps et les Îles des Princes-Prinkipo. Nizam et la Langue dorée

Au fils du temps ou j’ai découvert que mon arrière-grand-père Polycarpe était un photographe les plus diversifiés de l‘empire ottoman je n’ai eu de cesse de découvrir des photographies de Sébah-Joaillier et aujourd’hui je vous fais découvrir des photos et les commentaires de la vie d’hier et d’aujourd’hui.

Ne dit on pas que souvent les photographies disparaissent et reviennent par des chemins mystérieux.

589. Îles des Princes-Prinkipo. Nizam et la Langue dorée. 1890s.

Face au quartier de Maltepe, à 3 km de la côte, l'île de Büyükada, d'une longueur de 4 km et d'une superficie de 5,4 kilomètres carré est la plus grande des îles des princes. Elle était aussi appelée Prinkipo ou île du Prince probablement parce que l'empereur Justin II y fit construire un palais. A l’époque byzantine, l'île hébergeait des monastères et les empereurs y exilaient ceux qu'ils voulaient écarter de la capitale impériale.

Büyükada comprend deux zones résidentielles, le quartier de Nizam et le quartier de Maden (maden veut dire mine, à cause de la mine de fer qui était en activité vers 1840). Les deux collines les plus importantes sont au sud, la colline de Yücetepe (Yorgi, Georges) et au nord, le colline d'Isatepe (Christo, Jésus), séparées par le col de Birlik (Diaskelo). Une presqu'île, Dilburnu (la langue de terre) s’avance sur la côte ouest de l'île ; à l’ouest de Dilburnu, se trouve la baie de Nizam et au sud, la plage de Yürükali (Yorgoli).

Büyükada fut conquise le 17 Avril 1453 par la flotte ottomane sous le commandement du Capitaine Kaptan-ı Derya Baltaoğlu. Cette conquête ne fut pas facile. Sa démographie en fut modifiée et elle devint le symbole de la cohabitation des trois grandes religions.

Après la Déclaration de la Seconde Constitution en 1908, plusieurs ministres et pachas y firent construire des villas, ce qui contribua à l'embellissement de l'île. Trotski vécut quatre ans à Büyükada de 1929 à 1933. En 1920, des dizaines de milliers de russes blancs se réfugièrent à Istanbul et en particulier à Büyükada où ils exercèrent leur influence culturelle.

Au XIXe siècle la population était d’environ 3000 habitants. Quand des navettes régulières avec le continent furent créées, elle s'accrut et beaucoup d'intellectuels d'Istanbul et de Grecs s'y installèrent.

Il y a sur l'île des églises latines, arméniennes et orthodoxes et des mosquées. Du couvent de Saint-Georges (sur la colline de Yücetepe) construit au VIe siècle, il ne reste que trois chapelles. L'église fut construite en 1909. Le couvent de Christo et son église se trouve à l'emplacement d'un couvent plus ancien.
Vers l'est, se trouvent les ruines du grand couvent des femmes construit sous Justin II en 569 et agrandi par l'impératrice byzantine Irène, réputée pour sa cruauté. Elle fit crever les yeux de son fils Constantin VI et fit enfermer sa petite-fille dans un couvent de Prinkipo. Elle fut à sa mort enterrée dans ce couvent.

Le trésor de Büyükada découvert en 1930 près du cimetière grec, composé de 207 pièces de monnaies et appartenant à Philippe II, le père d'Alexandre le Grand a rejoint les collections du Musée Archéologique d’Istanbul.

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